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Hommage à Mme Hermance Coulombe, par sa belle-fille Ginette Allaire

Hommage à Mme Hermance Coulombe, par sa belle-fille Ginette Allaire

Hommage de Ginette Allaire (belle-fille) Quand le silence annonce l'adieu d'Hermance Par une belle journée d'avril 2006, j'ai fait la connaissance de cette femme qui à l'aube du 3 mai 2019, après des jours de respirations bruyantes, par un silence inhabituel, est venue me tirer d'un profond sommeil pour annoncer sa mort ! Tout au long de ce parcours entre elle et moi, elle m'aura par sa passion, enseigné le tissage, le tricotage, comment faire un bon cipaille et bien plus. Nos conversations intimes, entre femmes, ont été des plus respectueuses et d'une sagesse que seule une personne d'expérience peut tenir. Goûter à sa cuisine tout autant qu'à son humour, c'était vouloir y revenir. Venant de vivre le décès de mon père quelques semaines avant celui d'Hermance, j'avais tout frais dans mon esprit et mon corps, la leçon de vie et de mort, que seuls les gens résignés peuvent nous transmettre. Et j'ai cru, dans les derniers jours de vie de mon père, avoir tout entendu et tout appris. De toute évidence, ce n'était pas le cas ! À entendre, à voir, comment une mère, une grand-mère, une tante, une belle-mère, une amie, peut annoncer aussi sereinement qu'elle est prête à quitter ce monde avec le plus grand détachement, aura été pour moi et pour plusieurs d'entre vous, un état d'étonnement, de grâce et un cadeau d'une valeur inestimable ! Peu de gens ont cette opportunité à la fin d'une vie, d'exprimer aux parents et amis, l'amour et l'amitié donnés et reçus, comme Hermance l'a souligné à plusieurs reprises : <Je suis choyée>. À l'hôpital, nous avons souvent entendu dire par le personnel soignant que les gens de cet âge sont faits forts. Au-delà du temps que cela aura pris pour qu'elle aille rejoindre ceux qui l'ont précédée et qu'elle avait tant aimés, nous devons reconnaître que cette femme était tissée de fibre résistante et était une battante née ! J'aimerais vous partager une scène émouvante et unique, qui fût pour moi un moment d'émerveillement. Quelques jours seulement avant de nous quitter, bien assise dans son lit, suite à sa demande, René lui apporte un costume blanc, choisi depuis fort longtemps pour son ensevelissement, comme étant LE costume. Elle effleurait le sac, le caressait de ses mains qui ont tant créé. Maman c'est bien ce costume ? Oui mais il y a aussi un bleu-gris René. René lui montre alors la photo prise avec son cellulaire... Oui, oui celui-là, me semble il m'irait mieux, parles-en donc avec le thanatologue. C'est vous qui l'avez fait ce costume Hermance ? Ben sûr, j'avais acheté le tissu chez Brossard à Montréal, j'étais avec Loraine ! J'vous le dis, c'était une scène digne d'un film de Denis Arcand. Ses créations comme elle le disait, furent pour elle de purs moment de bonheur et pas très loin de la méditation. Fier du talent d'Hermance, Paul garde un souvenir impérissable des 5 Canadiennes aux boutons de bois, réplique exacte venant d'un catalogue Eaton, taillées sans patron et cousues de ses mains ! À l'heure où l'environnement fait la une régulièrement, comment passer sous silence les heures à récupérer et ne pas jeter : tailler dans sa chaise berçante des milliers de mètres de tissu, en vue d'un tissage, détricoter un vêtement pour en tricoter un nouveau, rapiécer les bas de laine, rien n'était jeté sans avoir eu au moins une deuxième vie. Tout n'a pas été que rire et douceur dans la vie de cette femme. Accompagner un mari hospitalisé pendant près de 10 ans et survivre à la mort d'un enfant qui précède un parent, deux fois plutôt qu'une. Avec foi et courage, elle a accepté l'inacceptable. Mais la Vie lui a aussi donné de grands bonheurs : ses enfants, ses petits-enfants et ses arrière-petits-enfants, ont été pour elle une source de grande fierté et de joie. Sa famille ontarienne était pour elle un port d'attache. Ceux et celles, qu'elle côtoyait quotidiennement à la résidence des Sables, sont comme mes frères et mes soeurs, disait-elle ! Un hommage à cette grande petite femme, serait incomplet sans parler de ce fleuve qu'elle aimait tant. Elle y a apporté ses enfants pour jouer, pour picniquer, pour jaser entre femmes, elle a cuisiné sa nourriture, y puisait la détente, la contemplation, elle ne pouvait s'en passer ! Imaginer s'en éloigner, était pour elle, exclu de sa pensée. À vous tous présents, peut-être pouvez-vous rendre hommage à cette femme sous différentes formes, à votre façon, afin que sa mémoire soit honorée à la hauteur de ce qu'elle a été. Je pense aux tisserandes, aux couturières, aux tricoteuses, aux mangeurs de chocolat, aux croyants, à ceux et celles qui marchent sur la grève, vous pouvez avoir une pensée, transmettre une passion commune. Rappelez-vous les rires, les prières, les conversations qui vous ont émus, vous ont fait rire ou vous fait réfléchir. Ainsi, Hermance n'aura pas totalement fait ses adieux mais plutôt un coup de chapeau ! Je termine en vous citant cette phrase qui me semblait appropriée : <Le plus beau présent de la vie est liberté qu'elle vous laisse d'en sortir à votre heure>. RIP Hermance, ton repos est bien mérité ! Ginette Allaire


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