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Hommage à Mme Yvonne Caron par son fils André Lavoie

Hommage à Mme Yvonne Caron par son fils André Lavoie

HOMMAGE FUNÈBRE À YVONNE CARON Éloge funèbre prononcé à la Maison commémorative familiale Fournier d’Amqui, le 30 mai 2020, par André Lavoie, l'aîné de ses enfants La pandémie qui sévit depuis plus de deux mois maintenant, avec son contingent de mesures de confinement, a obligé le conseil de famille à se résoudre à abandonner le concept de funérailles traditionnelles qu’avait expressément souhaitées notre mère qui s’est éteinte le 13 mars dernier. Oui, notre mère Yvonne, et pour les petits-enfants et les arrière-petits-enfants, leur maman Vonne, a rendu son dernier soupir. Mais pour tous, l’amour qu’elle a semé tout au long de ses 97 années de vie demeure à jamais dans nos cœurs. Elle est partie sereine : son âme s’est envolée comme un petit oiseau, a dit l’infirmière de service à l’hôpital. La première journée de son entrée aux soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de Lévis, atteinte d’un cancer généralisé incurable, elle m’avait dit: «C’est le début de la fin…» et devant tant de lucidité et de force d’âme, encore, je n’ai pu qu’acquiescer en ajoutant «Et peut-être que quelque chose d’autre commence…». Au-delà de la peine, au-delà du deuil, oui, il nous reste son amour et l’espérance pour elle et pour nous-mêmes que la vie éternelle n’est pas un vain mot. Maman a eu une vie pleine de couleurs comme le suggère sa photo funéraire. En voici pour témoignage un tableau certes trop sommaire mais quand même fort éloquent. Originaire de Saint-Damase, fille d’Herménégilde Caron et de Marie Bérubé, aînée d’une famille de 13 enfants, Yvonne a dû vaquer très tôt aux soins ménagers et aux travaux de la ferme; elle a dû aussi quitter l’école trop tôt à son goût pour aller travailler comme domestique pour plusieurs familles. Elle se trouva finalement un emploi de cuisinière et de femme à tout faire à l’hôtel Champlain de Mont-Joli où elle fit connaissance de son futur époux, notre père Louis-Philippe Lavoie décédé fin décembre 1997. Elle se maria donc en octobre 1944 et se consacra à l’éducation de ses enfants d’abord à Mont-Joli et à compter de 1952, à Saint-Léon-le-Grand jusqu’à ce que ceux-ci, ses enfants, soient en mesure de voler de leurs propres ailes. Entre temps, elle se livra à des œuvres bénévoles avec les dames de Sainte-Anne et de l’AFÉAS. Puis, elle devint marguillère et à ce titre s’attela à la démolition du vieux presbytère et à la construction du neuf. Suivirent son engagement constant aux activités de l’Âge d’or de Saint-Léon (elle a d’ailleurs fait partie de son conseil d’administration pendant plusieurs années); son implication, avec son amie Angèle Thibault, dans l’organisation de repas au sous-sol de l’église pour les familles en deuil ; puis son dévouement à la pastorale tant régionale que locale. Mais son occupation préférée entre toutes aura été de servir la «popote roulante» à des personnes en perte d’autonomie, d’Amqui au Lac Humqui. Combien de voyages de taxi bénévole aura-t-elle effectués aussi pour des personnes en besoin ? Toutes ces actions ne trouvent qu’une seule explication : maman aimait le monde ! Elle était aussi de joyeuse compagnie. Elle aimait parler, échanger, taquiner même, surtout ceux et celles qu’elle connaissait bien. Elle avait la répartie facile, du genre «un trou, une cheville» comme elle disait elle-même ! Elle aimait rire et du coup répandre la bonne humeur. Il me semble la voir dire d’où elle est, avec son petit air moqueur, en référence à la pandémie : « Les enfants, en punition, chacun dans votre coin ! » Ces activités sociales ne l’ont pas empêchée de gâter ses petits-enfants comme ses arrière-petits-enfants qui l’appelaient souvent maman-cadeau : l’un, âgé de 2 ans, au lieu de maman Vonne, l’appelait même Bobonne en lien certes avec les bonbons qu’elle procurait ! Elle se voua à cet amour des petits-enfants avec bonheur et empressement surtout à partir de 2005 lorsqu’à 82 ans, après 53 ans de résidence à Saint-Léon-le-Grand, elle prit sa retraite, si on peut dire, et déménagea ses pénates à Saint-Jean-Chrysostome dans une résidence pour personnes âgées. Elle put y bénéficier du soutien constant de sa fille unique, Andrée-Anne, qui s’est employée à veiller sur elle tout ce temps jusqu’à la toute fin aux soins palliatifs. Combien de fois maman a-t-elle-dit : «Andrée-Anne, une chance que je l’ai !» Merci Andrée-Anne pour ce dévouement filial des plus fidèle et empressé à son égard. Merci aussi à son conjoint François Miller pour ses mille attentions. Merci à notre frère Rosaire et à son épouse Huguette pour leur présence constante au chevet d’Yvonne durant ses 4 semaines d’hospitalisation. Merci enfin à tous ceux et celles qui, malgré leurs obligations, malgré l’éloignement, lui ont rendu visite, pour certains plus d’une fois, et mettre ainsi un baume sur son épreuve. Au final, durant son séjour d’un mois aux soins palliatifs, maman aura eu le bonheur de voir tout son monde avant de le quitter ! Enfin, merci à Johanne, Nathalie et Eddy pour leur interprétation musicale chargée d’une belle émotion. Merci à monsieur Pierre-Luc Fournier et à sa secrétaire madame Michèle Paquet de la Maison commémorative familiale LRouleau qui a su adapter ses services à la nouvelle conjoncture imposée par la pandémie. Merci aussi aux autorités de la Maison commémorative familiale Fournier qui nous accueille ici aujourd’hui et dont le fondateur monsieur André Fournier avait présidé aux obsèques de notre père en 1998. Merci enfin à Mme McNicholl pour ses bons offices. Merci à notre p’tit cousin, l’abbé Michel Dubé, qui confiera notre mère à la garde du Seigneur et qui, lors de l’Inhumation qui suivra après cette cérémonie, l’accompagnera dans son dernier voyage sous l’égide des membres la Garde paroissiale dont l’un d’entre eux, Monsieur Marcel Roy, lui aura rendu mille et un services lorsqu’il demeurait à Saint-Léon, voisin de maman. Oui, aujourd’hui, Yvonne revient chez elle à Saint-Léon-le Grand pour une dernière fois, pour un ultime voyage en paradis. Aussi, ai-je le goût de terminer cet hommage funèbre avec ce poème que saint Augustin, face à sa propre mort, adressait à ses proches : ce poème peut contribuer à apaiser quelque peu notre peine. « La mort n'est rien. Je suis seulement passée de l'autre côté. Je suis moi. Tu es toi. Ce que nous étions l'un pour l'autre, nous le sommes toujours. Donne-moi le nom que tu m'as toujours donné. Parle-moi comme tu l'as toujours fait. N'emploie pas un ton différent. Ne prends pas un air solennel ou triste. Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble ... Prie, souris, pense à moi, prie avec moi. Que mon nom soit prononcé à la maison, Comme il l'a toujours été sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre. La vie signifie toujours ce qu'elle a signifié. Elle est ce qu'elle a toujours été: le fil n'est pas coupé. Pourquoi serais-je hors de ta pensée? Simplement parce que je suis hors de ta vue? Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin... Tu vois, tout est bien... Tu retrouveras mon cœur. Tu en retrouveras les tendresses épurées. Essuie tes larmes et ne pleure pas si tu m'aimes


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