Parler de la mort ou se taire
Pour commentaires : David Beaulieu, PRF agréé david.beaulieu@lrouleau.com Il se peut que vous pensiez qu’il est osé d’écrire sur «la mort», parce que c’est loin d’être un sujet joyeux ou divertissant. On a comme un blocage quand vient le temps d’en parler. Pourtant, à part la naissance, la mort est l’une des plus grandes expériences de nos vies, même si elle en marque la fin. Autrefois, les familles étaient grandes et nombreuses par rapport à aujourd’hui. Le savoir de la médecine étant moins développé, les individus avaient pour beaucoup d’entre eux une faible espérance de vie et la mort était omniprésente. De nos jours, l’espérance de vie des individus s’est beaucoup améliorée, la médecine moderne y étant pour beaucoup. Toutefois, on dirait que la société est devenue amnésique et que les individus organisent leur vie de telle sorte que leur conscience ne puisse pas avoir le temps de penser à la mort. Notre société refuse la mort, elle ne veut pas la voir, elle ne veut pas en parler parce que la mort est dérangeante. On veut se débarrasser d’elle le plus vite possible pour faire comme si elle n’existait pas, comme si de cette façon on enjambait l’événement en se disant: «ça va faire moins mal». On ne supporte plus maintenant d’avoir à accepter toutes les étapes reliées à la mort et au deuil qui s’en suit. La religion a véhiculé fort longtemps les rituels à travers les temps, et c’est cette même religion de nos jours qui est mise de côté dans une certaine mesure. On tasse trop souvent du revers de la main les rituels qui sont pourtant les acteurs principaux du scénario qui nous portent vers la guérison suite à ce passage obligé. C’est ainsi que notre société cotise à l’érosion des rituels funéraires en affaiblissant notre capacité à accepter l’insupportable. Il n’en reste pas moins que l’on appréhende tous la fatalité de la mort qui viendra un jour ou l’autre nous surprendre, nous-mêmes ou l’un de nos proches ; cependant, on préfère l’ignorer pour ne pas penser à la brutalité des adieux qui y est associée. En faisant une brève analyse du sujet l’on se rend compte que c’est au moment où la mort nous rattrape et où l’on voit devant nous le corridor de ce passage obligé, que l’on parvient un tant soit peu à l’accueillir dans notre vie, à l’apprivoiser et à vouloir en parler. Il est important que notre conscience s’éveille, pour que l’on en vienne à accepter de parler de la mort, qu’on se prépare davantage à la vivre. Faudrait-t-il donc réapprendre à accepter notre limite sur cette terre et la rupture qu’impose la mort, et peut-être commencer à penser et à vivre autrement ? Auteure: Nicole Pâquet - Professionnelle en rituels funéraires INFOS En référence à l’article 5.4.3 du document du Bureau de normalisation du Québec (BNQ 9700-699), une entreprise certifiée en services funéraires doit se doter d’une procédure écrite qui porte sur la confidentialité. Cette procédure doit respecter la Loi sur la protection des renseignements dans le secteur privé.
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