Les eaux qui dorment
Pour commentaires : David Beaulieu, PRF agréé david.beaulieu@lrouleau.com Le jour se lève à peine et le soleil tente de se faire une place à travers les nuages en guise de salutation. Malgré la percée de l’astre lumineux dans le ciel, ce sera une journée triste pour mon meilleur ami qui vit difficilement le départ de l’une des personnes qui comptait le plus pour lui, sa mère. Selon les confidences qu’il m’a faites au cours des derniers jours, il se trouve privilégié de pouvoir vivre les rituels funéraires en présence du corps de sa mère, il s’aperçoit que cela lui permet de constater le réel départ de celle à qui il voue une admiration sans borne depuis sa tendre enfance. Il découvre aussi que ce rituel lui permet d’absorber cette réalité, de la voir une dernière fois et de pouvoir la toucher une dernière fois malgré qu’il trouve cela très difficile. Il se prépare à vivre l’ultime détachement de cet être cher avec sa famille, ses amis et tous les membres de la communauté rassemblés; c’est aujourd’hui qu’a lieu la célébration commémorative. Il va de soi que j’y assisterai pour lui offrir mon soutien, pour rendre hommage à cette vie humaine qui a su transmettre en héritage à sa progéniture la bonté, l’amabilité, la charité et bien d’autres grandes qualités encore. Au cours de la célébration commémorative, les voix s’unissent et les chants semblent s’élever vers le ciel pour rendre un hommage touchant à cette grande dame. Mais voilà que l’un de ces refrains vient réveiller en moi et à mon insu, une grande tristesse. Je me surprends à ne plus pouvoir retenir toutes ces larmes qui viennent du plus profond de mon âme. Il n’a suffi que d’une parole accompagnée d’une musique pour venir éveiller ce que je croyais guéri en moi, soit ma propre souffrance d’avoir perdu la mienne, ma mère, il y a déjà plusieurs années pourtant. Je me vois maintenant dans l’obligation de reprendre le processus de guérison lié au départ de ma propre mère, là où je l’ai laissé sans m’en rendre compte; moi qui est venu en ces lieux à priori pour apporter mon soutien. Je suis perdue dans mes pensées et me rends compte que j’apprends à vivre jour après jour avec l’absence de ma chère maman. Je constate également qu’au cours des prochains mois pour mon ami, comme c’est le cas aujourd’hui pour moi, il y aura dans la vie des événements, des moments qui viendront réveiller la douleur engendrée par la perte de cet être cher. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est ainsi que le temps viendra déposer sur lui une compresse supplémentaire à celles qui s’y trouvent sans doute déjà pour ainsi contribuer à l’atténuation de sa douleur. À la lecture de ce texte, vous conviendrez avec moi que le fondement de chacun d’entre nous est le même, peu importe notre personnalité ou notre sexe, nous sommes tous humains. Peu importe qui nous sommes : Avons-nous la réelle capacité de guérir complètement du départ d’un être cher ou cela demeure-t-il toujours pour toutes et tous, une souffrance en dormance ? Auteure : Nicole Pâquet, professionnelle en rituels funéraires INFOS En référence à l’article 5.9.2 du document du Bureau de normalisation du Québec (BNQ9700-699), seule une entreprise CERTIFIÉE à l’obligation de remplacer entre chaque utilisation les surfaces et les tissus en contact avec le défunt lors de l’utilisation d’un cercueil réutilisable; et avoir un mécanisme de retrait et de remplacement de ce cercueil lorsqu’il est endommagé
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